Et je ne sais pas ce que je dois faire ni penser.
Voilà longtemps que je pense n'importe quoi
Et que les mots ne veulent ni sortir ni rimer.
J'ai cru un instant que ces feuilles vierges
Représentaient un futur que je dois écrire ;
Mais je reste encore plus muette qu'un cierge
Et je préfèrerais devoir simplement le vivre.
J'ai également pensé que ce néant
N'était rien d'autre que mon passé ;
Mais je me rappelle ces enfants
Avec qui je passais mon temps à jouer.
J'ai finalement cru que ce vide
Symbolisait mon présent et ses questions ;
Mais le silence n'est pas à ce point perfide
Et il est rempli de tant, voire trop, d'interrogations.
Ces pages blanches sont en fait elles-mêmes,
Vides de mots et de sens, demandant à vivre
Par l'intermédiaire des phrases que l'on sème
De ci, de là, quand on a envie de les écrire.
Construire un poème, un texte, une chanson,
C'est toujours y laisser une petite partie de soi
Qui pourrait grandir quand viendra la mousson
Et faire ainsi que l'on se sente un peu fier de soi.
Ces feuilles sont alors et enfin
Dotées d'un passé, d'un futur et d'un présent.
Elles acquièrent un sens qui pourrait être divin
Mais il est universel car il naît dans nos sentiments.
